Le Qì Gōng

Qu’est ce que le Qì Gōng ?

Le Qì Gōng 氣功 (prononcer Tchi-Kong) est un art énergétique chinois, une pratique de corps, d’esprit et d’énergétique ayant un but d’entretenir la santé, de renforcer le corps, d’équilibrer les émotions, de développer nos capacités sensorielles, et à haut niveau, extra-sensorielles.

  • Gong 功 est à la fois le travail, l’habileté et la maîtrise ; ce que mon maître Li Shifu aime décrire par “du temps et de la sueur”
  • Qi 氣 est le souffle, l’énergie vitale du et dans le corps

Le Qì Gōng est généralement décrit comme une pratique douce et profonde à la fois, qui est souvent vue comme un équivalent chinois du yoga indien.

Les bases théoriques

Le Qì Gōng 氣功 se base sur les lois de la nature et du Dào 道 (telles que décrites dans la cosmologie chinoise), les théories du 氣, du Yin/Yang 阴阳, des Cinq Mouvements 五行, du Yǎng Shēng 养生 (théories sur la longévité) que l’on retrouve dans la médecine daoïste et en partie dans la médecine traditionnelle chinoise.

Il y a l’idée de nous reconnecter avec nous même, d’unifier le corps, le souffle, et l’esprit ; de nous reconnecter à la nature pour que l’Humain 人, la Terre 地 et le Ciel 天 fassent Un et que l’on s’accorde aux climats, aux saisons, aux astres, à toutes les transformations du Yin et du Yang et des Cinq Mouvements (montée, descente, entrée, sortie, transformation).

L’Histoire du Qì Gōng

Bien que le terme “Qì Gōng” date en réalité des années 1950, il regroupe de nombreuses pratiques anciennes des maîtres daoïstes et bouddhistes, médecins et artistes martiaux.

L’histoire des arts énergétiques chinois est difficile à retracer tant se mêlent les légendes et les faits historiques. Cependant il est fait référence à ce type d’exercices bien avant notre ère. Dès le HuángDì NèiJīng 黄帝内经 (le Classique Interne de l’Empereur Jaune, plus vieil ouvrage de médecine chinoise conservé, compilé entre le Vème siècle et le IIIème siècle AEC) on trouve des mentions du Dao Yin 导引 (parfois appelé Yoga chinois), du Tǔ Nà 吐纳 (techniques de respiration) et bien sûr du Yin et du Yang, des Cinq Mouvements et du Yǎng Shēng 养生.

Voici un bel exemple de cette histoire, issu des découvertes archéologiques de Mawangdui, tombes de la période des Han Occidentaux datant de 190 à 168 AEC ; les archéologues ont retrouvé un rouleau représentant des personnages dans des postures de Qì Gōng similaires à celles que nous pouvons retrouver aujourd’hui.

Manuscrit de Mawangdui (restauré)

Les formes de Qì Gōng

Il existe aujourd’hui de nombreuses formes différentes, parmi les plus connus nous pouvons retrouver :

  • Liù Zì Jué 六字訣 : Les Six Sons Thérapeutiques qui remontent probablement à avant notre ère mais apparaissent pour la première fois dans un écrit du médecin daoïste Tao Hongjing au Vème siècle
  • Wǔ Qín Xì 五禽戲 : Le Jeux des Cinq Animaux créé par le médecin Hua Tuo au IIème siècle.
  • Bā Duàn Jǐn 八段錦 : Les Huit Pièces de Brocart popularisé au XIIème siècle par le général Yue Fei et selon la légende crée par Bodhidharma au Vème siècle, mais centre forme est basée sur d’anciennes postures que l’on retrouve dans le manuscrit de Mawandgui.
  • Yì Jīn Jīng 易筋經 : Le Classique des Changements des Tendons, ouvrage et technique datant du VIème ou XVIIème selon les sources.

J’ai découvert toutes ces formes de Qì Gōng au travers de divers stages afin de mieux comprendre quels mouvements étaient en mesure d’aider mes patients.

Les formes que je pratique à présent sont celles de Wǔ Xiān Miào 五仙庙 le Temple des Cinq Immortels où est enseigné le Chún Yáng Yǎng Shēng Gōng 纯阳养生功 : Le Qì Gōng de Longévité de l’école daoïste Chún Yáng. Celui ci consiste en 3 enchaînements 9 postures correspondant aux niveaux du Ciel, de l’Humain et de la Terre.

Il y a également un Qì Gōng de la moelle osseuse, un Qì Gōng pour expulser les toxines et un Qì Gōng de renforcement martial.

Sans compter l’utilisation des Cinq Notes de Guérison que nous associons plutôt aux techniques de soin par la musique, mais qui pourraient aussi bien être incluses dans le Qì Gōng.

Enfin nous pratiquons également un Qì Gōng médical avec cinq postures le matin et cinq le soir qui ne sont pas enseignées hors du temple, et généralement réservées aux enseignements de médecine daoïste.

Les effets ressentis du Qì Gōng

Toutes ces formes visent à entretenir la santé physique et l’énergie vitale. On y trouve la détente physique et le calme intérieur.

En mobilisant le et le Sang 血, le Qì Gōng aide à soulager les douleurs ainsi que certains maux.

De nombreux patients expérimentent désormais les améliorations que provoque le Qì Gōng sur leur état de santé, que ce soit sur la tension artérielle, la régulation du système immunitaire ou l’équilibre, la force et la mobilité dans le cas de pathologies invalidantes (fibromyalgie par exemple)

Plusieurs hôpitaux, notamment la Pitié-Salpêtrière depuis 2009, proposent d’ailleurs des cours à leurs patients.

De nombreuses études sont publiées dans les revues médicales chinoises et occidentales, mais en temps que pratiquant je peux constater :

  • les effets physiques de l’ajustement de la structure corporelle, réduisant les tensions musculo-squelettiques, et améliorant la force, la souplesse, l’équilibre
  • la respiration devient plus naturelle, plus profonde, l’apport en oxygène est amélioré, de même que la fonction cardiovasculaire et les fonctions digestives (notamment par le relâchement du diaphragme)
  • le système nerveux autonome est stimulé, il est plus facile de lutter contre le stress et de s’en défaire d’une grosse partie ; le cerveau s’en trouve apaisé.
  • psychologiquement, le Qì Gōng effectue une mobilisation de nos énergies interne et aide à digérer les émotions et à équilibrer la psychée en nous apprenant à faire ce que l’on est en train de faire


Le Qì Gōng “Healing”

Le Qì Gōng “Healing”, souvent traduit par “Qi Gong médical” consiste à utiliser les bénéfices de sa pratique de Qì Gōng pour rééquilibrer énergétiquement une autre personne.

Pour cela il est nécessaire d’avoir pratiqué suffisamment des exercices spécifiques de Qì Gōng, afin d’avoir l’esprit et le cœur stables et d’avoir une réserve de suffisante. Au fur et à mesure de la pratique, l’esprit devient capable de diriger le par l’intention, d’abord dans le corps, puis au delà ; une fois ce stade atteint, il peut alors mobiliser le d’un patient ou même lui transférer son .

Cela peut faire penser à certaines vieilles pratiques de nos campagnes d’apposition des mains ou pour “couper le feu”, mais le Qì Gōng Healing ne résulte pas d’un don que la personne aurait reçu, mais bel et bien d’une pratique assidue sur son propre corps, cœur et esprit afin d’acquérir ces capacités. C’est souvent un long chemin et un soin ne peut être effectué avec l’esprit perturbé.

Ces techniques peuvent être combinées avec l’acupressure ou le massage Tuī Ná 推拿 par exemple, lorsque l’esprit devient capable de diriger le , il devient plus facile de défaire certains blocages et douleurs.

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